Entre révolte et optimisme, quand les femmes se distinguent par leur libre-arbitre
3 invités de choix se sont rencontrés jeudi 10 mars, à l'occasion de la projection-débat du film de Luc DECASTER, Etat d'élue, pour le premier anniversaire de sa sortie nationale.
Première soirée de la première campagne électorale de la candidate UDB-EELV sur le canton de Pontivy, Françoise Ramel-Flageul, les échanges avec la salle à l'issue de la projection ont permis d'aborder de front la question de l'exercice du pouvoir, des dérives de la professionnalisation des élus et de la sclérose des appareils politiques.
Nelly Fruchard, Pierre Fourel, Françoise Verchère
Dans ce contexte, la question de la présence d'un nombre plus important de femmes dans les instances locales est une des réponses au problème, or la réforme territoriale voulue par le gouvernement Sarkozy ramènera dans 3 ans à 17% le nombre d'élues dans les futures assemblées territoriales.
Réponse à la question posée par Martine Auffret, élue UDB à Cléguérec, elle-même plusieurs fois candidate lors de scrutins.
17% de femmes et combien en capacité de peser réellement sur les dossiers ? Une réalité rappelée par Marie-Madeleine DORE-LUCAS, candidate Front de gauche sur le canton, ayant accepté de répondre à l'invitation de sa co-listière municipale contrairement à d'autres conseiller-es pontivyen-nes, à l'exception de Martine PIERRE.
Preuve que la route est encore longue pour espérer pouvoir fonctionner sur d'autres modèles que celui qui nous est imposé par ceux qui tiennent les systèmes, parce qu'ils ne tiendraient pas eux-même sans ces systèmes vérouillés.Probable !
L'exemple viendra-t-il du monde rural ?
Dominique GRALL, maire de Plémet, également dans la salle avec 2 adjointes a expliqué comment chez elle, dans une commune de 3000 habitants, les électeurs ont fait confiance à une femme, militante qui plus est aux Verts, pour administrer leur collectivité. Mais mieux encore, là-bas, ce sont les femmes qui ont fait l'effort de céder leur place aux hommes pour assurer la parité, car Dominique et son équipe auraient pu présenter une liste uniquement composée de femmes. Etonnant, non ?
A ce titre, le film Etat d'élue est une vraie merveille. Il regarde avec distance, sans la mettre en scène, sans caricaturer le propos, sans tomber dans le piège de l'idéologie, ou pire la guerre de genre, la vie politique telle qu'on ne nous la montre jamais, tant notre pays est focalisé du fait de son centralisme sur les gesticulations de quelques uns. Raison pour laquelle, Françoise VERCHERE l'a rappelé hier soir, c'est encore plus difficile en tant qu'élue locale d'échapper au climat de défiance, de mépris parfois, qui s'est installé dans l'opinion publique.
Ce qui pose la question à terme, face à l'abstention grandissante, de la légitimité de ces élus, toujours en place parce que la loi, si elle est intervenue timidement sur le cumul des mandats ne limite pas leur durée dans le temps.
Bien d'autres sujets ont été abordés lors de ce débat qui s'est prolongé de 22h à minuit, au Palais des congrès de Pontivy, et lors duquel les hommes n'ont pas été en reste. Car au final, ce sont aussi bien les hommes et les femmes qui ont à gagner dans cette affaire, à la fois dans ces assemblées dites démocratiques, mais aussi dans la façon dont la parité influerait sur la gestion de nos politiques publiques, leur plus grande adéquation avec les besoins réels des populations et l'intérêt général, valeur quelque peu oubliée dans un monde masculin qui brille par sa capacité à maintenir et nourrir des schémas d'un autre temps.
Avant la projection, la rencontre entre ces 3 acteurs engagés dans la vie politique locale, 3 parcours dont s'inspire Françoise Ramel-Flageul "Si je n'étais pas révoltée, mon optimisme ne servirait pas à grand chose, tout au plus à croire qu'il pourrait en être autrement, mais en laissant le soin aux autres de faire que les choses s'améliorent. Si je n'étais pas optimiste, ma révolte serait un obstacle, un facteur d'épuisement, autant pour les autres que pour moi"
Un grand merci à Françoise VERCHERE d'avoir accepté notre invitation et de nous montrer le chemin, celui qui conduit à rester maître de ses choix, à ne pas renoncer, malgré les difficultés, le découragement parfois, à garder la distance nécessaire pour se remettre en cause, s'interroger sur le sens de nos actes et ne jamais perdre ce qui devrait être la base de tout mandat électif, même si cela nécessite une gymnastique souvent inconfortable : l'écoute et l'action collective.