Finance, agriculture, nucléaire : le menu d'une soirée pas comme les autres

Publié le par Françoise RAMEL-FLAGEUL

René LOUAIL, élu régional Europe Ecologie-Les Verts, a exprimé hier soir, en conclusion de la réunion publique qui se tenait au Palais des Congrès, son soutien à la candidate UDB, Françoise Ramel-Flageul.

 Arrivant de St-Nolff, où il participait aux rencontres internationales de la Via Campésina, il a commencé son intervention en saluant le positionnement de Jean-Yves Le DRIAN. Le Président de Région a en effet affirmé hier publiquement son plein soutien à la souveraineté alimentaire. Or qui dit souveraineté alimentaire implique de reconsidérer à sa juste place l'agriculture des Pays du Nord, qui compte si peu de paysans par rapport au reste du monde. Cela induit aussi d'avoir l'honnêteté de s'intéresser à l'enjeu agricole avec d'autres logiques que celles qui le régissent encore aujourd'hui. Avec quelle volonté politique saura-t-on dire STOP à des pratiques qui ont conduit aux dérives et aux déséquilibres que l'on ne connaît que trop bien et que la crise financière a permis de dénoncer, avec un concensus quasi général pour dire, "il faut que ça change"... sauf que rien n'a changé !

STA61050.JPG

 

 

Professeur d'économie passionné, auteur de "Crise et suicide du libéralisme", André Lucassol (à gauche sur la photo) avait permis à la salle d'aborder cette question du transfert, en terme de pouvoir économique, de la sphère industrielle vers la sphère financière. Spéculations, manipulations, ne font pas bon ménage avec une revendication citoyenne de plus en plus perceptible : l'information c'est bien, plus de transparence, c'est mieux.


Les tragiques événements du Japon en sont malheureusement une illustration concrète. Mona Bras, élue régionale UDB qui participait au débat, a rappelé à ce titre le rôle du gouvernement et du lobby nucléaire français dans cette actualité brûlante. Dans le domaine, nous avons nos pros de la non-transparence, à la française.

(lire communiqué du 17 mars).


 

Sollicitée pour zoomer sur la question agricole, Martine Auffret, productrice bio et élue UDB à Cléguérec, a bien démontré comment ces logiques à l'oeuvre relevaient d'abord avant tout d'un manque de démocratie. Chiffres à la clé, elle a bien expliqué comment s'organisait sciemment la faillite du monde paysan sans mettre en péril les volumes de production dont la filière a besoin pour nourrir ses usines d'aliments, ses usines de transformation, ses usines de consommation (GMS), avec l'appui du monde de la finance.


STA61045-copie-1.JPGMartine AUFFRET expliquant la possibilité d'entretenir des rapports différents entre les acteurs de la filière agricole, quand le producteur garde la maîtrise du prix de ses produits et de leur qualité. "Forcément c'est plus facile quand on partage les mêmes idéaux, mais notre réalité est aussi, avant tout, une réalité économique". Les grands circuits de distribution nous leurrent avec leurs rayons Bio, en surfant sur la vague de l'achat éthique, de la bonne conscience ou de l'alicament (aliment-médicament).


Agir pour le développement durable, c'est repenser dans leur ensemble nos modes de productions, de conditionnements des produits, leur transport, mais aussi la rémunération du producteur, le surcoût en terme de bilan carbone du non respect des saisons...Ca ne se fera pas du jour au lendemain, mais c'est une évolution nécessaire qui doit aussi intégrer le degré d'urgence d'une situation, dont certaines populations paient le prix fort.

On endort les consciences, on mutile le pouvoir agissant propre à chacun quand, par simplification ou manipulation, on laisse croire qu'on peut se satisfaire d'un seul critère, l'argent, d'un seul curseur pour définir une stratégie : le profit, même quand il s'agit de spéculer sur le malheur et des millions de vies humaines.



Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article