Vidéosurveillance : Pontivy a choisi, la majorité PS dit OUI, l'UDB dit NON
En tant qu'agent de l'Etat, je sais que je dois, en certaines circonstances, obéir au devoir de réserve, mais à ce que j'ai pu constater hier soir, avec étonnement, la hiérarchie des forces de l'ordre locales semble exonérée de cette obligation.
Nous sommes au début du conseil, la sous-préfète et 6 représentants de l'ordre viennent nous présenter le diagnostic de sécurité, demande émanant du maire Jean-Pierre LE ROCH à court d'argument face à l'exaspération de pontivyens, victimes dans certains quartiers bien identifiés de troubles à l'ordre public et d'incivilités.
Après une introduction prétextant un apport objectif sur la question de la sécurité, nous avons en fait droit à un véritable éloge inconditionnel de la vidéosurveillance. Je ne peux pas reprendre ici des propos qui frisent l'indécence, tant le recours au superlatif, aux lieux communs, aux exemples à tout va, la tonalité même du discours, étaient en-deça de ce qu'on est en droit d'espérer dans une enceinte municipale, espace démocratique, lieu d'expression contradictoire.
Je savais qu'on allait privatiser la poste, mais j'ignorais qu'on avait déjà privatisé la gendarmerie, combien la commission par caméra ?
" 14 caméras, c'est rien du tout, allez 60000 euros, en plus, c'est subvetinoné à 50%, mais conseil, ne vous faites pas avoir, achetez de la qualité, mettez le prix qu'il faut, et bla bla bla"
Bref, c'est à croire qu'on oublie de quoi on parle. De Stéphanie qui malheureusement n'a pas survécu à une mauvaise rencontre, du tapage nocturne lié aux soirées étudiantes du jeudi soir, des dégats commis sur bien d'autrui par des jeunes récidivistes en deserrance, connus des services, des feux de poubelles en périphérie de la ville, en quoi la pose de 3-4 caméras (preuve qu'on ne tombe pas dans le piège du tout sécuritaire, ouf, merci, on a eu un peu peur), en quoi donc ce dispositif soit-disant dissuasif va-t-il régler le problème ? Je demande à voir. Et pourquoi pas le couvre-feu tant qu'on y est ?
La vidéosurveillance est bien une réponse à un problème, mais pas celui-là et risque de créer une situation plus grave encore :
L'important, c'est moins la pertinence de la réponse que la réponse elle-même, rassurer l'opinion, voilà le maître mot de l'affaire, rassurer, pour surtout bien entretenir la peur, l'individualisme des réflexes de protection.
Et si on posait comme point de départ la notion de responsabilité collective, et si on regardait ce qui fonctionne, quand le lien social et intergénérationnel n'est pas rompu, corrompu ? Et si...
Pardon, je suis ridicule, pourquoi voter NON à la vidéosurveillance sur la voie publique, alors que mon image est déjà la proie de tant de caméras au quotidien ? Merci de me rappeler la réalité. Je vis une époque formidable. Vive les nouvelles technologies de l'information et de la communication (c'est fou ce que le langage peut être pervers, non ?)
Nous sommes au début du conseil, la sous-préfète et 6 représentants de l'ordre viennent nous présenter le diagnostic de sécurité, demande émanant du maire Jean-Pierre LE ROCH à court d'argument face à l'exaspération de pontivyens, victimes dans certains quartiers bien identifiés de troubles à l'ordre public et d'incivilités.
Après une introduction prétextant un apport objectif sur la question de la sécurité, nous avons en fait droit à un véritable éloge inconditionnel de la vidéosurveillance. Je ne peux pas reprendre ici des propos qui frisent l'indécence, tant le recours au superlatif, aux lieux communs, aux exemples à tout va, la tonalité même du discours, étaient en-deça de ce qu'on est en droit d'espérer dans une enceinte municipale, espace démocratique, lieu d'expression contradictoire.
Je savais qu'on allait privatiser la poste, mais j'ignorais qu'on avait déjà privatisé la gendarmerie, combien la commission par caméra ?
" 14 caméras, c'est rien du tout, allez 60000 euros, en plus, c'est subvetinoné à 50%, mais conseil, ne vous faites pas avoir, achetez de la qualité, mettez le prix qu'il faut, et bla bla bla"
Bref, c'est à croire qu'on oublie de quoi on parle. De Stéphanie qui malheureusement n'a pas survécu à une mauvaise rencontre, du tapage nocturne lié aux soirées étudiantes du jeudi soir, des dégats commis sur bien d'autrui par des jeunes récidivistes en deserrance, connus des services, des feux de poubelles en périphérie de la ville, en quoi la pose de 3-4 caméras (preuve qu'on ne tombe pas dans le piège du tout sécuritaire, ouf, merci, on a eu un peu peur), en quoi donc ce dispositif soit-disant dissuasif va-t-il régler le problème ? Je demande à voir. Et pourquoi pas le couvre-feu tant qu'on y est ?
La vidéosurveillance est bien une réponse à un problème, mais pas celui-là et risque de créer une situation plus grave encore :
- en considérant,d'une part, qu'il existe une solution techniquement fiable, alternative crédible à la présence humaine (réponse à la baisse des effectifs et à la surcharge de travail des équipes sur le terrain)
- en cristallisant, d'autre part, l'opinion publique sur l'urgence d'une réponse technique, quand il faudrait interroger l'origine des comportements mis en cause et sérier les types de problèmes et d'incivilité (premier élément à prendre en considération, de l'avis même de la gendarmerie, le phénomène d'alcoolisation massif propre au 56)
L'important, c'est moins la pertinence de la réponse que la réponse elle-même, rassurer l'opinion, voilà le maître mot de l'affaire, rassurer, pour surtout bien entretenir la peur, l'individualisme des réflexes de protection.
Et si on posait comme point de départ la notion de responsabilité collective, et si on regardait ce qui fonctionne, quand le lien social et intergénérationnel n'est pas rompu, corrompu ? Et si...
Pardon, je suis ridicule, pourquoi voter NON à la vidéosurveillance sur la voie publique, alors que mon image est déjà la proie de tant de caméras au quotidien ? Merci de me rappeler la réalité. Je vis une époque formidable. Vive les nouvelles technologies de l'information et de la communication (c'est fou ce que le langage peut être pervers, non ?)
Résultat du vote : 5 contre, 3 abstention (PC)
Françoise RAMEL-FLAGEUL
Lire le texte de l'intervention UDB au conseil municipal du 23 septembre 2009.
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