Quand le mauvais exemple vient d'en haut - Chapeau Le Drian !

Publié le par Françoise RAMEL-FLAGEUL

DA SKIGNAÑ AR MUIAÑ AR GWELLAÑ / A DIFFUSER LARGEMENT
 
 
E brezhoneg :
  
Pennad war lec'hienn Ai'ta diwar-benn arouez nevez "Bretagne", divrezhonek...
 
 
Evel lâret, skrivomp holl da Jean-Yves Le Drian evit degas da soñj dezhañ petra 'dalv "politikerezh evit ar yezh" : presidence@region-bretagne.fr !!!
 
 
 
En français :
  
Article sur le site d'Ai'ta à propos du nouveau logo "Bretagne", excluant la langue bretonne...
 
 
Comme proposé, soyons nombreux à écrire à Jean-Yves Le Drian pour lui rappeler ce que "politique linguistique" veut dire : presidence@region-bretagne.fr !!!
Monsieur le Président,
 
élue à Pontivy, dans la majorité de Jean-Pierre Le Roch, conseiller régional, je me permets de rappeler que la charte Ya d'ar brezhoneg (passage au niveau 3) a été votée récemment à l'unanimité par le conseil municipal, preuve que la question de nos langues régionales dépasse les clivages politiques.
Vous-même avez récemment rappelé, en assemblée pleinière, l'ambition linguistique que vous avez affichée lors de la campagne des Régionales et votre étonnement quant au positionnement de l'opposition de droite lors d'un vote.
Vous comprendrez donc qu'il n'est pas pensable de voir que cette préoccupation n'est pas du tout prise en compte dans le projet de communication de la marque "Bretagne", alors que localement nous nous efforçons de palier le retard accumulé après tant d'années d'inerties pour faire vivre la langue bretonne.
"L’utilisation de mêmes signes distinctifs par les acteurs de Bretagne va renforcer la puissance d’attractivité de la région et va enrichir, diversifier, rajeunir et dynamiser l’image de la Bretagne."
Certes le portrait sur le site internet de la marque Bretagne  affirme que la particularité linguistique n'est plus, parce que non ancrée dans une pratique quotidienne d'une majorité de bretonnes et de bretons.
C'est cependant nié que le premier signe distinctif de notre région est bien celui d'une langue, d'une vision du monde, d'une identité culturelle, qui ont fait l'objet d'une transmision collective jusqu'au siècle dernier. Cette langue qui réapparaît dans l'espace public grâce à la signalétique routière, alors qu'elle a effectivement quasiment disparu de la rumeur de la rue, nourrit encore aujourd'hui l'imaginaire collectif, que ce soit dans le monde économique comme dans les milieux artistiques. Transmise ou non, la langue reste un marqueur fort pour un territoire.
Chaque langue a un pouvoir évocateur spécifique. Nier la richesse du breton, comme du gallo, c'est se priver d'un potentiel de créativité, au prétexte que la langue n'est pas parlée par le plus grand nombre. C'est nier aussi le droit du peuple breton à obtenir réparation quant à des pratiques qui visaient et visent encore à imposer une idéologie - la République, une et indivisible - au mépris de l'histoire, de l'héritage culturel de chaque territoire.
Sommes-nous à ce point acculturés  - et nos responsables politiques aussi - pour nous autocensurer, nous priver de puiser dans le capital régional, surtout quand il s'agit justement de faire valoir ce capital collectif, au nom de l'attractivité et de la compétitivité ?
Aoueta !  Premier mot que j'ai entendu quand je me suis installée en Centre-Bretagne. Mais bon sang, qu'est-ce qui pouvait bien m'attirer ?
 
Françoise Ramel-Flageul
Fondatrice de TIMILIN - Territoires de l'imaginaire, de l'initiative locale et de l'innovation
Elue en charge de l'Agenda 21 de la Culture - BRO PONDI
Présidente de la Fédération Patrimoine Environnement Bretagne
 
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